lundi 24 février 2014

La liseuse

Rencontrer les bonnes personnes, au bon moment, voilà qui semble indispensable pour que le spectacle prennent ses marques et définisse sa forme.
Sur Cavale, lecture-spectacle, je sais que j'ai beaucoup de chance de travailler avec Caroline Girard de La liseuse, spécialiste de la lecture à voix haute, qu'Élise Lebret, directrice du Strapontin, m'a permis de rencontrer.
Assez vite, en travaillant ensemble, nous avons constaté que nous partagions d'abord un certain nombre de points de vue concernant la littérature. Chevillé au corps également, le lien étroit qui unit écriture et lecture.
Durant la première semaine de résidence, j'ai beaucoup appris sur les principes d'une lecture organique, mettant tout le corps en jeu, le texte étant considéré comme une matière première.
Sur le site de sa compagnie, que je vous invite à visiter (c'est par ici), Caroline Girard propose son anatomie d'un liseur et définit quelques principes importants.
Vous les trouverez ci-après:
1. La concentration
Lire réclame une présence sans faille au texte parcouru.
Franchir chaque phrase en gardant vivace la perception de la phrase précédente tout en se projetant vers la phrase suivante, évite une chute à la première virgule.
Un instant de distraction et le liseur dérouté au milieu du gué perd la cohérence de la pensée. Seule sa conscience en éveil garantit la ligne de sens du texte.
2. L’œil
Utile au déchiffrage du texte mais insuffisant à sa compréhension.
3. Les zygomatiques
Le liseur ne prend pas l’écriture avec des pincettes de petites marquises.
Il taille le verbe, entre en lutte avec la langue, mord les syllabes.
Le texte est une matière concrète, dont il révèle la chair.
4. le cœur
Système émotionnel central.
Le liseur s’il est traversé d’émotions doit veiller à ne pas sombrer dans la sentimentalité.
Tout penchant au pathos brouille le sens.
5. Le souffle
Il faut tenir parole sans s’essouffler. Quel est le plus sûr moyen de ne pas succomber à un point de côté, de ne pas s’éreinter dans les escarpements du texte, si ce n’est de respirer. Inspirations-expirations profondes et longues permettent avec souplesse de dérouler la ligne continue de la pensée.
Respirer les mots et les silences qui leur font écho.
6. Les tripes
À ne pas déballer dans l’exercice de la lecture.
© Copyright la liseuse - Propulsé par Caroline Girard 

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